Qu'est ce que la calligraphie ?

Qu'est ce que la calligraphie médiévale ?

Vous avez dit "calligraphie" ?

La calligraphie est un art graphique qui est né avec l'invention de l'écriture. Le mot "calligraphie" vient du grec "kalos" beau, et "graphein" écrire. Ce qui ne veut pas dire que toutes les calligraphies anciennes sont belles !

Pour ma part, je suis formée à la calligraphie médiévale latine. Dans la période qui nous intéresse, beaucoup d'écritures différentes se sont succédées. Les plus connues sont : l'onciale, la caroline, les écritures de style gothique (textura quadrata, bastarde flamande, fraktur...).

Mais il en existe bien d'autres, à peu près autant qu'il y a eu de calligraphes !

Je pratique à l'occasion la calligraphie hébraïque de style carré.

 

Les matériaux

Pendant l'Antiquité, et au tout début du Moyen-âge, le calligraphe travaillait sur papyrus. Peu d'exemplaires sont parvenus jusqu'à nous, car c'est un matériau fragile.

Il a pu développer son travail avec l'invention du codex sur parchemin, qui est la forme de "livre" que nous utilisons encore aujourd'hui.

Pour ce qui est des encres, le choix n'était pas très étendu. Le texte principal était écrit en noir ou brun foncé, avec une encre gallo-ferrique (noix de galle et sulfate de fer) ou une encre au carbone la plupart du temps. Les premiers  mots "titres" étaient souvent écrits en rouge (cinabre, kermès, vermillon). On trouve plus rarement des lettres bleues ou vertes.

Rare mais toujours impressionnante, la crysographie  ("écriture d'or" en grec ) était également réalisée par un calligraphe. Il s'agit d'écrire avec une encre dorée, faite avec de la feuille d'or finement broyée ajoutée à un liant.


Il revenait aussi au calligraphe de créer les fioritures autour de certaines majuscules. On les appelle des filigranes. On en trouve beaucoup dans les manuscrits du XIIIème et XIVème siècles.

Aujourd'hui, le calligraphe peut utiliser ces techniques médiévales, ou les moderniser.

Il travaille sur parchemin ou sur papier. Les encres disponibles sur le marché sont beaucoup plus diverses et nombreuses qu'autrefois. La gamme de couleurs est également très étendue.
 

Petit cours d'Histoire

L'invention de l'enluminure et de la calligraphie occidentales est indubitablement liée à l'essor du christianisme. En effet, le christianisme étant une des trois "Religions du Livre", il se devait de mettre en valeur son livre de référence : la Bible, qui contient la Parole de Dieu.

C'est au Vème siècle que l'enluminure apparaît, suite au remplacement presque total du papyrus par le parchemin comme support d'écriture.

Les ouvrages sont pour la plupart des livres religieux : Bibles, psautiers, Evangéliaires, écrits patristiques, etc. On trouve aussi, en plus petit nombre : des ouvrages d'auteurs de l'Antiquité, des livres de médecine, de géographie, d'astronomie, des romans de chevalerie, etc. Jusqu'au XIIIème siècle, les lieux de production (scriptoria) sont situés dans les monastères. Les copistes et les enlumineurs sont d'abord des moines, et travaillent donc pour la gloire de Dieu. Les commanditaires sont des rois, des princes ou des ecclésiastiques.

A partir du XIIIème siècle, le livre se répand dans des milieux plus populaires. Des bourgeois et de riches marchands peuvent désormais se constituer une petite bibliothèque personnelle. On trouve de plus en plus de livres non-religieux : romans (de la Rose, de Renart), livres de poèmes (codex Manesse), de chasse, de science, etc. Des "pecia", extraits de textes destinés à l'étude, sont vendus ou loués à des étudiants. Les enluminures sont désormais réalisées dans des ateliers d'enlumineurs laïcs. C'est également à cette époque que l'utilisation du papier devient courante.

Au XVIème siècle, l'imprimerie supplante définitivement la production du livre "fait-main".

 

Cependant, l'écriture à la main existe toujours !

En feuilletant les archives, actes notariés anciens, lettres de personnes célèbres, on peut se rendre compte de l'évolution de la forme des lettres.

Certains se souviennent avec bonheur (ou douleur) des exercices d'écriture qu'ils faisaient à l'école.

Les plus anciens d'entre nous se souviennent de la plume d'acier et de l'encrier, si difficiles à manier par les petits écoliers.

Pratiquer la calligraphie médiévale

Au Moyen-âge, différentes personnes intervenaient lors de la création d'un livre : l'une était chargée de la mise en page, une autre des réglures ("portées" pour positionner la calligraphie), puis venaient le calligraphe, le dessinateur, l'enlumineur, le relieur.

Le calligraphe était aussi appelé copiste, car il n'était pas l'auteur du texte qu'il écrivait. On trouve aussi le terme "scribe" ("celui qui écrit" en latin).

Son travail comprenait l'écriture du texte à proprement parler, mais aussi l'ajout d'éventuelles lettres filigranées.


Aujourd'hui, le calligraphe décide de la mise en page, calligraphie le texte, ajoute des arabesques à la plume. Il peut aussi être enlumineur.

Les calligraphes réalisent leurs propres créations et présentent leur travail au travers d’expositions. Des particuliers passent commande pour la réalisation d'œuvres calligraphiées à offrir, de poèmes ou prières calligraphiés, de cartes de vœux

Comme autrefois, la calligraphie est un art et qui demande de la persévérance et qui s’exerce dans la durée.

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